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Comment fonctionne un syndic de copropriété bénévole ?

Un syndic bénévole n'est ni le propriétaire de l'immeuble ni son décideur : c'est le mandataire du syndicat des copropriétaires. Voici qui peut l'être, qui le désigne, ce qu'il peut faire seul, ce qu'il doit faire voter, et comment son mandat commence et s'arrête.

Le principe : l'assemblée décide, le syndic exécute

Commençons par le contresens le plus fréquent. Le syndic bénévole n'est pas « le responsable de l'immeuble », et il n'a aucun pouvoir propre. L'article 17 de la loi du 10 juillet 1965 pose les deux termes : les copropriétaires forment un syndicat, ce syndicat est administré par un syndic, et ses décisions se prennent en assemblée générale.

Traduction pratique : l'argent n'est pas le vôtre, les décisions non plus. Vous êtes mandaté pour appliquer celles de l'assemblée.

Un exemple. Un devis de 2 400 € pour repeindre la cage d'escalier arrive dans votre boîte aux lettres. Vous le trouvez raisonnable ; les trois autres copropriétaires aussi, croisés dans le couloir. Vous ne pouvez pas le signer pour autant : il faut une résolution votée. En revanche, si la colonne d'eau se rompt un dimanche soir, l'article 18 vous permet de prendre en urgence les mesures nécessaires à la conservation de l'immeuble : vous appelez le plombier, et vous en rendez compte ensuite.

Qui décide, qui exécute, qui contrôle
ÉTAPE 1L’assemblée décideBudget, travaux, contrats, désignation du syndic. Une résolution votée, inscrite au procès-verbal.
ÉTAPE 2Le syndic exécuteIl signe, paie, appelle les fonds, assure, convoque. Ce qui a été voté, et rien d’autre.
ÉTAPE 3Le syndic rend compteEntrées, sorties, solde en banque — avec les factures et les relevés qui les justifient.
ÉTAPE 4L’assemblée approuveLes comptes de l’exercice sont votés, le budget suivant aussi. Et le cycle repart.
↺ La boucle se referme toujours sur l'assemblée : celui qui décide est aussi celui qui approuve. Le syndic, lui, n'est jamais aux deux bouts.

Qui peut être syndic bénévole ?

La loi l'appelle le syndic non professionnel (art. 17-2). Il se définit d'abord par ce qu'il n'a pas : ni carte professionnelle, ni honoraires de gestion. En contrepartie, la loi le veut interne à l'immeuble : c'est un copropriétaire de la copropriété qu'il gère — et, selon les cas, son conjoint ou son partenaire. Faites-vous confirmer ce point pour votre situation exacte avant de porter un nom sur la convocation.

Aucun diplôme n'est exigé, aucune expérience non plus. Dans une copropriété de quatre ou cinq lots, c'est presque toujours celui qui habite sur place et qui a un peu de temps.

Comment il est désigné

La désignation se vote ; elle ne se constate pas. Trois éléments, et ils comptent tous les trois.

  • Une résolution nominative inscrite à l'ordre du jour joint à la convocation : on vote sur un nom, pas sur un principe.
  • La majorité de l'article 25 — la majorité des voix de tous les copropriétaires, absents compris.
  • Une durée écrite : l'article 28 du décret du 17 mars 1967 plafonne le mandat à trois ans. Renouvelable, mais par un nouveau vote.

Le procès-verbal de cette assemblée est votre titre. C'est lui que la banque, l'assureur ou un fournisseur demanderont pour vérifier que vous engagez bien le syndicat. Gardez-le à portée de main. Le détail de la procédure figure dans notre guide sur l'obligation d'avoir un syndic.

La vie d'un mandat
LE POINT DE DÉPARTDésignation en assembléeRésolution nominative à l’ordre du jour, majorité de l’article 25.
LA DURÉE3 ansau plus (art. 28 du décret du 17 mars 1967). Une date de début, une date de fin.
SORTIE ARenouvellementUn nouveau vote, avant l’échéance. Le mandat ne se reconduit pas tout seul.
SORTIE BPassationArchives, comptes, soldes et contrats remis au syndic suivant.

Le mandat peut aussi s'interrompre avant terme : par démission du syndic, ou par révocation votée en assemblée.

Ce qu'il fait au nom du syndicat

L'article 18 énumère les missions du syndic. À l'échelle d'un immeuble de cinq lots, cela donne :

  • représenter le syndicat vis-à-vis des tiers et en justice : c'est vous qui signez le contrat d'entretien, pas « les copropriétaires » ;
  • exécuter les décisions de l'assemblée — celles-là, et seulement celles-là ;
  • tenir les comptes du syndicat et appeler les fonds nécessaires ;
  • convoquer l'assemblée générale et en établir le procès-verbal ;
  • souscrire les assurances de l'immeuble et suivre son entretien ;
  • conserver les archives : convocations, procès-verbaux, comptes, factures, contrats.

Ces archives appartiennent au syndicat, pas à vous. Elles suivent le poste, pas la personne — c'est exactement ce qui rendra la passation possible le jour où vous passerez la main.

Le geste quotidien — quand noter une dépense, quand appeler les provisions, quand pointer la banque — est traité à part, dans notre guide sur la gestion d'une petite copropriété au quotidien.

Avec qui il travaille

Trois interlocuteurs, pas plus. L'assemblée générale décide : c'est l'organe souverain, et le syndic n'y a aucune voix supplémentaire — il vote comme copropriétaire, pour ses seuls tantièmes.

Le conseil syndical, qui assiste et contrôle le syndic dans les copropriétés ordinaires (art. 21), est facultatif en petite copropriété : l'article 41-9 vous en dispense. Rien ne vous interdit d'en constituer un, mais à quatre copropriétaires, l'assemblée est déjà le conseil. Conséquence à garder en tête : personne ne relit vos comptes en cours d'année.

Les copropriétaires, enfin, sont vos mandants. Ils paient les appels de fonds et peuvent vous interroger entre deux assemblées.

Comment il rend des comptes

C'est le rendez-vous annuel, et il n'est jamais facultatif. Chaque année, l'assemblée approuve les comptes de l'exercice écoulé : le syndic présente ce qui est entré, ce qui est sorti, ce qui reste en banque, pièces à l'appui. On vote, la ligne est arrêtée.

Beaucoup d'assemblées votent ensuite le quitus : une approbation de la gestion du syndic pour l'exercice écoulé. Ne lui prêtez pas plus de portée qu'il n'en a : c'est un vote d'approbation, pas un effacement automatique de toute responsabilité. Le meilleur quitus reste un compte qui tombe juste.

Comment le mandat se termine

Par échéance, le plus souvent. C'est la sortie la plus discrète, et la plus dangereuse : au bout de trois ans au plus, le mandat tombe. S'il n'a pas été revoté avant, la copropriété se retrouve sans syndic — et donc sans personne pour convoquer valablement l'assemblée suivante. Inscrivez le renouvellement à l'ordre du jour de la dernière assemblée utile.

Par démission. Un syndic bénévole peut arrêter. Prévenez tôt, et arrangez-vous pour qu'une assemblée puisse désigner un successeur avant votre départ ; les formes et le préavis méritent d'être vérifiés au moment venu.

Par révocation. L'assemblée qui désigne peut aussi mettre fin au mandat, sur une question inscrite à l'ordre du jour. C'est le pendant logique du mandat : le syndic tient son poste de l'assemblée, et d'elle seule.

Dans les trois cas, la sortie n'est complète qu'une fois la passation faite : archives, comptes, soldes, contrats en cours et accès au compte bancaire du syndicat remis au successeur. Des délais légaux encadrent cette remise ; vérifiez-les le jour venu, car c'est le point sur lequel les passations se bloquent le plus souvent.

En résumé

Un syndic bénévole est un mandataire, rien de plus : désigné par l'assemblée à la majorité de l'article 25 pour trois ans au plus, il exécute ce qui a été voté, tient les comptes, appelle les fonds, convoque, assure et archive au nom du syndicat — puis lui rend des comptes chaque année. La boucle part de l'assemblée et y revient : tant qu'elle est respectée, le poste est tenable, même sans aucune compétence comptable.

Coprily est construit sur cette boucle pour les copropriétés qui relèvent de l'article 41-8 : la convocation et ses délais, le relevé des entrées et sorties avec ses justificatifs, les appels de fonds et le procès-verbal. 15 jours offerts, sans carte bancaire, puis 99 € par an.

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